Echos de l’assemblée générale de la coopérative ovine les Bergers du Nord Est tenue à La Vallée au Blé.

 

L’année 2013 a été une campagne propice au marché ovin.Le cours de l’agneau noté R3, base des paiements de la grille des Bergers du Nord Est a flirté avec les 6 €/kg, niveau jamais atteint jusqu’alors.

 

La pénurie d’agneaux sur le marché mondial, induite par une demande croissante des pays asiatiques explique cette hausse progressive.

 

Le marché ovin toujours porteur

 

Cependant, le cours reste fragile et dépendant des cotations nationales, qui ne sont pas toujours le reflet des évolutions régionales. «La cotation nationale reste une référence pour nos acheteurs.

 

A la hausse comme à la baisse, ils veulent de la réactivité. Or la cotation nationale peut chuter lors de sorties massives d’agneaux Lacaune dans le Sud de la France, sorties qui impactent peu les ventes dans nos régions» précise Thierry Vroman, directeur de la coopérative.«Pour éviter de subir ces fortes variations, il faut sécuriser nos débouchés, notamment via la vente de carcasses plutôt que d’animaux en vif».

 

Ainsi sur les 59 000 agneaux commercialisés en boucherie, 60 % sont abattus à Laon. Le reste est vendu en vif à différentes structures d’abattage, notamment au niveau régional Elivia Mirecourt, Socopa Sarrebourg, Sobevir Rethel.

 

Le consommateur préfère l’agneau français

 

Un des objectifs pour dynamiser les ventes, est également de faire la promotion de l’agneau régional.

 

«Le consommateur est de plus en plus sensible à la provenance de ses produits. Même à un coût plus élevé, le consommateur est prêt à acheter de l’agneau français, confiant dans ses méthodes de production. La présence d’agneaux français ne peut pas être exclusive, car nous ne produisons que 40% de la consommation, mais elle permet de diversifier l’offre dans les GMS» commente Thierry Vroman.

 

Un cours élevé n’est pas le seul signe d’espoir : la PAC devrait conforter la grande majorité des élevages ovins.

 

Le montant de l’aide couplée est annoncée en hausse, sous condition de contractualisation avec des acheteurs, de vente sous Signe Officiel de Qualité ou de productivité supérieure à 0.8 agneaux vendus/femelle (voir encadré).

 

Renforcer la rentabilité de l’entreprise 

 

Les résultats financiers de la coopérative sont stables et globalement à l’équilibre.

 

Malgré ce bon positionnement, les pratiques évoluent pour répondre toujours mieux aux besoins des débouchés.

 

C’est pourquoi des évolutions des modes de paiement sont intervenues en 2013. La grille de paiement a été simplifiée pour devenir plus lisible.

 

Elle a également été repositionnée pour éviter la commercialisation d’agneaux trop lourds, notamment supérieurs à 24 kg.

 

Comme dans les autres filières animales, les acheteurs souhaitent maîtriser le coût de la «portion» vendue au consommateur.Des orientations ont été prises également pour inciter les éleveurs à grouper leurs départs, voire à réorganiser leur conduite d’élevage, afin de limiter les coûts de ramassage. Par exemple, une bonification du cours de l’agneau est accessible lors de ramassage de lots de plus de 15 agneaux.

 

Renforcer la communication

 

Outre la poursuite des actions pour développer la production dans la région, la coopérative souhaite développer sa communication vers ses éleveurs, vers des porteurs de projet ou vers d’autres acheteurs.

 

Cela passe par la création d’un site internet, qui présenterait les activités de la structure et sur lequel un certain nombre d’éléments seraient accessibles : catalogue matériel, fiches techniques, etc.

 

La communication vis-à-vis des acheteurs et du consommateur passera par la publicité autour de la marque Bergers du Nord Est.

 

Des fiches recettes seront réalisées pour distribuer lors d’actions de promotion et de manifestations.

 

Attention au loup !

 

Un message inhabituel et nouveau a été passé lors de cette assemblée générale : un appel à communiquer autour de l’arrivée du loup dans nos régions.

 

Le loup est déjà présent dans des départements proches.

Les attaques se sont multipliées dans l’Aube, en Haute Marne, dans la Meuse, etc. Après s’être développé dans les zones de montagne, le loup est désormais présent dans les zones de plaine et il fait des dégâts considérables dans les troupeaux.

 

Les éleveurs ovins alertent pour que des mesures soient prises pour préserver l’élevage, déjà fragile dans les zones céréalières !